Sisyphe

 

 Sisyphe était le héros de ces premiers âges du cyclisme. À l’époque – et cela restera vrai pendant une grande partie du XXe siècle –, le style de pédalage en usage au sein du peloton privilégiait la force sur la vélocité, et Sisyphe était connu pour sa capacité à emmener des braquets qu’il était seul à pouvoir utiliser sans rester collé au bitume. Infatigable rouleur, imbattable sur terrain plat et dans les épreuves contre la montre, il parvenait aussi à passer en force les côtes les moins longues. Ses braquets démesurés le condamnaient cependant à devoir mettre pied à terre dans la haute montagne. Il retrouvait à cette occasion des réflexes acquis au cours de sa carrière pédestre de forçat des armées. (Celle-ci avait été couronnée d’un succès si éclatant que cette discipline, consistant en marches forcées lestées de diverses charges, a été abandonnée en compétition pour être réservée aux exercices militaires. Il se pourrait que le cyclisme ait alors été inventé pour pallier cette disparition .


Et aussi....

Sisyphe bâtit la ville d’Éphyre (qui devint Corynthe) et épousa la Pléiade (fille du Titan Atlas et de l’Océanide Pléioné) Méropé, qui en conçut une grande honte, parce qu’elle était la seule parmi les Pléiades à avoir épousé un mortel. Pourtant, Sisyphe, d’après Homère, était le plus sage des mortels : il régnait sur la ville de Corynthe et réussit à enchaîner la Mort. Il la retint jusqu’à ce qu’Hadès, dieu des Enfers, envoya Arès, dieu de la Guerre, délivrer la "noire Mort". Homère explique que, pour lier la Mort, Sisyphe se contentait d’éviter la guerre et vivre en bonne intelligence avec ses voisins.

Lorsque Zeus, encore pris par ses aventures amoureuses, enleva Égine, le père de cette dernière, le dieu-fleuve Asopos, demanda à Sisyphe (d’autres disent que ce fut à Tantale, un supplicié du tartare) où elle se trouvait. Sisyphe, qui avait hérité de Prométhée le courage de s’opposer à Zeus et suivre sa conscience, le lui apprit, et Asopos se détourna de son cours pour arroser Corynthe.

D’autres mythographes font un portrait moins élogieux de Sisyphe, et le montrent séduisant sa nièce Tyro, fille de Salmonée, ou commettant toutes sortes de brigandages et rompant les lois de l’hospitalité pour tuer les voyageurs qui tombaient entre ses mains.

Lorsque Thésée, roi d’Athènes, le tua au combat au cours d’une guerre qui opposa les deux villes voisines, Athènes et Corynthe, il fut envoyé aux Enfers, où il était condamné à rouler indéfiniment une énorme roche ronde jusqu’en haut d’une montagne. Parvenue au sommet, la roche, sous l’effet de la gravité, redescendait jusqu’au pied de la montagne, et Sisyphe devait recommencer sa harassante tâche.

L’un des descendant de Sisyphe, Glaucos, se distingua au cours de la guerre de Troie. Il combattit du côté des Troyens, et fut tué par Ajax.

 

PL